Témoignage de l’écrit #11

“Je vais tenter de vous raconter mon expérience du concours de Lille, et par avance, je vous présente mes excuses, j’ai tendance à être assez prolixe (petit placement de vocabulaire).
Pour que vous puissiez mieux cerner mon profil, je m’appelle Chloé, j’ai aujourd’hui 20 ans, je viens de Paris et j’ai eu un bac S mention bien. J’ai fait une « année » de PACES avant de trouver ma vocation et donc de passer deux années en prépas (deux différentes).

Le jour des épreuves écrites de Lille n’était pas un bon jour. Pas dans le sens où j’étais de mauvaise humeur ou bien que je ne m’étais pas assez préparée aux épreuves -surtout que j’ai bossé comme une acharnée- ce jour-là n’était simplement pas un bon jour parce que l’univers avait l’air de se dresser contre ma réussite et celle de mes amies. J’avais eu dans la semaine des problèmes familiaux assez lourds et la veille au soir, les résultats pour Nantes étaient tombés comme un cheveu sur la soupe. Je tenais beaucoup à ce concours alors je m’étais précipitée chez moi pour ouvrir l’enveloppe. Malheureusement, à un demi-point près, je ne pouvais pas accéder au deuxième tour, et bien entendu, cela mettait un coup à mon moral qui n’était déjà pas au top.
Le lendemain matin, je prenais le train pour Lille. Comme je m’étais mal organisée, bien sûr, mes amies arrivaient une heure plus tard. Et évidemment, aucune de nous n’était au courant qu’il y avait deux gares dans le même quartier à Lille ; vous devinez déjà les quiproquos qui se profilaient à l’horizon… ça a été un vrai bazar pour se retrouver et surprise : il pleuvait des cordes ! Bonjour les clichés sur le Nord qui se bousculaient dans ma tête, alors que c’était la première fois que j’y mettais les pieds.
Une fois ensemble, j’apprends que l’une d’elle est malade comme un chien, et une autre doit traîner une valise de deux fois son poids, je ne sais plus pour quelle raison… On prend donc le métro, en n’ayant rien vu de la ville et lorsque l’on arrive quelques stations avant le centre d’examen, le métro aérien nous permet d’admirer les bâtiments des hôpitaux bien ternes sous la pluie battante. Bien entendu, à ce moment-là, on pensait avoir un aperçu de Lille, ce qui nous donnait un mauvais a priori sur la ville –qui s’avère finalement être très belle, très étudiante et surtout très dynamique !
Les épreuves commençaient après le déjeuner et mon esprit était toujours ailleurs… Juste avant d’entrer dans l’amphi, une fille que je connaissais à peine, à qui j’avais rapidement parlé à un autre concours, a eu la bonne idée de me sauter au cou pour m’annoncer qu’elle avait réussi les écrits de Nantes. Cool. Good for you. Remue donc un peu plus le couteau dans la plaie !
Je dois dire que je ne me souviens pas de beaucoup de choses, à part que je n’ai pas fini l’épreuve de français, que j’étais dégoûtée et que je pensais que tout était perdu. J’ai donc passé les épreuves suivantes sans grande conviction.
A la fin de la journée, j’étais persuadée que je ne foulerais jamais plus le sol du côté de Winterfell –dans le Nord quoi- et pour conclure la journée en beauté, je me réfugiai dans les gâteaux et les bonbons.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai appris que je continuais l’aventure ! Si je dois retenir une chose, c’est que le public a su me faire confiance et…. Non, sérieusement, je pense qu’il faut tirer de ce récit quelque chose d’assez simple qui me servira toujours et qui, je l’espère, vous aidera peut-être : lorsque l’on stresse pour quelque chose d’important, il faut croire en ses connaissances et en son travail acharné qui finira par payer. Il faut arrêter de torturer son esprit, se souvenir que l’on peut compter sur soi-même et faire les épreuves de la même manière que lorsqu’on s’entraine, c’est-à-dire pour soi, pour voir jusqu’où on peut aller, sans non plus s’essouffler. En tout cas, je pense que c’est ce qui a fonctionné pour moi.

L’épreuve orale ensuite était classique et j’avais en face de moi deux femmes bienveillantes, mais ce jour-là est une autre histoire !

Finalement, je suis très heureuse et la vie lilloise me correspond parfaitement. La fac est géniale, les profs sont bons, le BDE est super (bisous l’ACEOL !), je me suis fait des amis en or, et la ville est vraiment très agréable. Je mesure chaque jour la chance que j’ai et je vous souhaite de décrocher également le concours qui vous conviendra. Souvenez-vous : « La baguette choisit son sorcier, Mr Potter, les raisons n’en sont pas toujours évidentes, mais ce qui est évident, c’est que vous êtes appelé à faire de grandes choses… » ”