Témoignage de l’écrit #14

“2015, année de terminale, je me dis qu’il faut que je tente le concours, ne serait-ce que pour être mieux préparée l’an prochain. J’alterne les phases « je n’ai aucune chance je ne sais même pas pourquoi j’essaye » et puis les « pourquoi pas ? ». De plus, le fait de ne pas vouloir aller en prépa l’année suivante mais de ne pas vraiment savoir où aller sinon me pousse en avant.
En tout cas j’essaye de travailler un peu par moi-même avec annales et bouquins classiques, sachant que je considère le concours de Lille comme adapté à mon profil : plus d’épreuve de biologie au programme (rassurant pour une ES accomplie), une épreuve mystère de logique où je me dis que j’ai autant de chances que les autres, et deux épreuves d’orthographe qui, si elles ne me semblent pas faciles, ne m’ont pas l’air inabordables. Reste le résumé, la grande terreur, jamais fait et puis je fais partie des gens qui ont l’esprit tout sauf synthétique et concis (clairement, ce témoignage en est une belle preuve, désolée pour les longueurs).

Au final le jour de l’écrit pas trop de stress, certes énormément de monde mais je ne réalise pas trop et j’arrive miraculeusement à ne pas trop penser à l’enjeu que le concours représente.
1e épreuve, qcm d’orthographe, 10 premières secondes je me dis « ça va, pas trop difficile », je commence… et 2mn plus tard je commence à paniquer à cause du temps. J’essaye de rester concentrée car pour moi il s’agit de l’épreuve où je peux avoir le plus de points. Mot d’ordre : efficacité, pas le temps d’hésiter !
La 2e épreuve arrive, plus calme… Beaucoup plus calme, le texte à corriger est minuscule et au final la difficulté a été pour moi de ne pas douter dans le temps restant car on est alors terriblement tenté d’inventer des fautes capillotractées et de modifier ses réponses.
Epreuve de logique, j’essaie de bien prendre mon temps et de ne rien laisser passer en supposant que c’est l’enjeu même de l’épreuve ; j’en sors sceptique et la fatigue d’avoir eu à se concentrer pendant les 3 premières épreuves se fait ressentir. J’appréhende d’autant plus le résumé, le texte est encore plus long que ce que craignais. L’heure impartie me semble totalement irréaliste mais je mets toutes mes forces restantes dans la bataille, histoire de ne pas avoir de regrets.

Fin de l’épreuve, pas eu le temps de relire mon résumé, que je n’ai d’ailleurs même pas fini, ma toute dernière phrase reste en suspens. Je suis vidée, et pour moi cette dernière épreuve signe la fin de mes espoirs.
Du coup le jour des résultats pas tellement de stress, j’attends, plutôt blasée. QUAND SOUDAIN, fin du cours d’anglais, blocage intersidéral, je reste plantée devant ma table, mon téléphone à la main, pendant que mes amis et la prof me regardent bizarrement : mon nom est sur les listes des admissibles, et à ce moment, l’élan d’amour envers ces petites lettres est puissant.

Suite au prochain épisode…

Courage à vous et n’oubliez pas, tout est possible, il suffit de s’en rendre compte !”