Témoignage de l’écrit #5

“L’an dernier, en terminale S, j’ai décidé de m’inscrire au concours de Lille. Le but n’était pas tant de le réussir mais plutôt d’aller voir comment ça se passait, puisque l’année suivante je comptais en tenter plusieurs en passant par la case prépa. Alors je me suis inscrite, mais j’ai voulu quand même réviser un peu : j’ai reçu l’aide providentielle d’une connaissance qui était entrée à Lille, et je me suis entraînée sur des annales de QCM pour la grammaire et l’orthographe, histoire de repérer les pièges fréquents. Je faisais ça pendant les vacances et une fois les devoirs de maths terminés… Mais ça me paraissait quand même bien peu face à ce qui m’attendait, alors je me suis inscrite à un concours blanc organisé par une prépa proche de chez moi, ouvert à tous ceux qui le voulaient gratuitement. Ça a été une vraie chance pour moi puisque ça m’a permis de me familiariser un peu plus avec les épreuves et surtout avec les conditions, notamment la gestion du temps ! Là où ça m’a particulièrement aidée, c’est pour l’épreuve de résumé de texte : j’ai compris le défi que c’était de lire toutes ces pages aussi vite puis de résumer sans rien négliger, sans faute… Ce concours blanc a donc été très important pour moi, et m’a bien fait réaliser que le concours de Lille, c’était pas de la tarte !

En arrivant à la fac le jour des écrits, je n’avais aucun stress parce qu’aucun enjeu véritable. Pourtant quand j’ai vu la foule qui se pressait devant les amphis, je me suis demandé ce que je faisais là, je me sentais seule et surtout illégitime, parce qu’autour de moi toutes les filles avaient fait une prépa et avaient bossé très dur.

Le premier QCM s’est plutôt bien passé : je savais que je laissais passer plein de fautes, mais pas toutes, et ça suffisait à me motiver. La dictée de Proust m’a étrangement paru plus facile, peut-être parce que c’était un texte complet et non une suite de phrases qui passent du coq à l’âne. Pour le QCM de compréhension écrite, il fallait lire et ne pas sur-interpréter, ce qui pouvait être difficile parfois puisque les réponses jouaient sur des détails infimes, mais ça ne m’a pas paru si horrible. Quand est venu le résumé de texte, on sentait que la tension était plus forte, tout le monde redoutait cette épreuve. J’ai respiré un grand coup, me disant que ça serait bientôt fini et que je pourrais enfin aller aux toilettes. Mylène en a parlé dans son propre témoignage, mais je me permets d’insister parce que ça m’a concernée : allez aux toilettes et ne buvez pas trop si vous n’en avez pas l’habitude, moi j’ai fait cette erreur et je l’ai bien senti sur la fin… Enfin bref, j’ai fini l’épreuve avec un sentiment de satisfaction : c’était loin d’être le résumé du siècle, mais j’avais fait ce que je pouvais, je m’étais relue et j’avais au moins essayé de ne rien oublier d’important.

Après tout ça, j’ai dit à mes parents que ça avait été une bonne expérience, mais il était évident que je n’irais pas à l’oral. Les dés étaient lancés, j’ai attendu les résultats tout simplement, parce qu’après m’être concentrée sur le concours, j’avais quand même un bac à préparer. J’ai été très très surprise quand, au beau milieu d’un cours de physique, j’ai appris que j’étais sur la liste des convoqués pour l’oral, ce qui me paraissait inconcevable ! Et pourtant, il me restait trois semaines pour me préparer…

Et aujourd’hui je suis en première année, qui l’aurait cru ?

– Axelle”