Témoignage de l’écrit #6

” Mon parcours a été des plus chaotiques ! J’ai obtenu un bac littéraire avec mention en 2010, j’étais bonne élève, et en sortant du lycée je savais que je voulais devenir orthophoniste. Je connaissais la difficulté du concours et ma famille n’avait pas les moyens de me faire entrer en prépa.

J’ai commencé une licence de langues, pris un job étudiant et tenté de me préparer seule. C’était trop évidemment, j’ai dû faire un choix : j’ai abandonné la fac, gardé le boulot et continué ma prépa autonome. Il m’a manqué 50 places pour décrocher l’oral cette première année.
La suivante j’ai investi l’argent gagné dans une prépa qui sous des apparences de sérieux et de rigueur s’est révélée être une pure arnaque. Ayant perdu mon temps, mon argent et un peu de mon énergie, il faut l’avouer, j’étais hors jeu cette année-là.
La suivante, je suis entrée dans une prépa publique. J’ai beaucoup aimé l’enseignement et l’implication des profs, bien qu’une seule journée de cours hebdomadaire y soit consacrée aux orthos quand les quatre autres sont réservées aux IFSI. J’ai complété ma préparation cette année-là en travaillant parallèlement avec la plateforme e-orthophonie. J’ai décroché une admissibilité, avec un très bon classement, mais il s’agissait de Paris à ma grande surprise et l’oral, bien qu’il ne se soit pas mal passé, ne m’a pas permis d’intégrer l’école en 2013.
En 2014, je décide de me donner les “moyens” de réussir et me passe financièrement la corde au cou pour intégrer la meilleure prépa de ma région, au taux de réussite si impressionnant ! Mais la maladie frappe ma famille… Je ne parviens plus à travailler, à me concentrer, je ne me pose pas plus de questions, je dois rentrer, mon avenir attendra… Je la quitte au bout de 3 mois.
Après la perte de cet être cher, je me remets une ultime fois à ma préparation à la rentrée 2015, seule, armée de 4 années d’expérience et d’acharnement, de ma volonté de réussite et surtout de ma vocation, en me disant cependant que celle-ci sera ma dernière tentative. Je trime toute l’année, je doute de moi, de mon parcours, de ma lucidité quant à mes capacités , quant à mes chances d’intégrer un jour une école. Je passe 5 villes : à Nantes il me manque 1 point pour accéder à l’oral, à Caen 9, et je décroche Lille. Après 5 ans, je me prépare, mais je me protège et réserve mon enthousiasme. L’oral est court, il se passe sans difficulté, et les résultats tombent. Après 5 années ma ténacité, mon travail, ma persévérance ou ma folie selon les points de vue, finissent par payer : je suis admise à Lille !

Ayez confiance en vous, persévérez, on peut y arriver même si l’on n’arpente pas les sentiers battus… J’en suis la preuve !”