Témoignage de l’écrit #9

“Après un baccalauréat ES, je suis entrée en hypokhâgne. Si les cours étaient très intéressants, je ne trouvais pas ma place dans ce cursus. Alors ma sœur, qui est kinésithérapeute, m’a parlé du concours d’orthophoniste. Immédiatement je lui ai répondu “Mais n’importe quoi, je vais pas me lancer dans des études paramédicales alors que j’ai fait un bac ES, que je suis en hypokhâgne”. Puis finalement je me suis renseignée sur internet et là : RÉVÉLATION, ce métier était fait pour moi !

Alors à la fin de mon année, je décide de m’inscrire en prépa orthophonie. Je suis arrivée pleine de confiance du genre “Ca va être trop facile les concours en sortant d’une hypokhâgne!” Puis… Je suis restée 3 ans en prépa à tenter année après année les concours…

Ma première année ne fut pas catastrophique, j’ai eu quelques sous-admissibilités. J’ai donc retenté une deuxième année. Puis ma deuxième année, si mes notes et classements avaient bien augmenté, je n’ai absolument rien eu de positif comme résultat. Je me suis donc posée la question de refaire encore une année… Mais je ne voulais pas avoir de regret.
Cependant, les prépas et les concours représentant un budget immense, j’ai du trouver un boulot pour payer cette dernière année. J’ai donc travaillé comme équipière au Mac Donald à raison de 15h/semaine. Le rythme était difficile, j’allais en cours la journée et je bossais le soir.

Ces années ont été très dures. Entre les remarques du genre “mais pourquoi tu abandonnes pas ?”, “tu pourras jamais réussir les concours en travaillant à côté”, le travail au Mac do et mes nombreux échecs, j’ai eu énormément de doutes, et j’ai souvent (beaucoup) pleuré. Cette troisième année, j’ai décidé qu’il me fallait un plan B. Je me suis donc inscrite en sciences du langage pour avoir une licence et passer le concours de professeur des écoles. J’ai relativisé par rapport aux concours. Au pire quoi… Je l’avais pas et je faisais autre chose qui me plairait tout autant.

Cette troisième année j’ai fait le pari de bosser peu mais de ne pas m’épuiser. Je séchais pas mal de cours en prépa, parce que je ne voulais pas faire un burn-out arrivée aux concours.
Puis finalement, après 3 ans, j’ai réussi à accéder à 4 oraux et être acceptée dans 3 écoles différentes ! Cerise sur le gâteau : j’ai été acceptée à Lille, mon premier choix !

Cette troisième année m’a ouvert les yeux : j’ai compris que mon pire ennemi n’était pas les autres candidats mais moi et mon stress. Alors en lâchant prise et en restant moi-même j’ai enfin pu accéder à une école !

Mon conseil : lors de l’oral RESTEZ VOUS-MÊMES ! Le jour de l’oral j’ai dit exactement l’inverse de ce que j’avais préparé. J’ai tout déballé : que j’étais féministe, que j’avais pas confiance en moi, que le boulot au Mac do c’était super chiant mais que j’avais pas le choix, que l’orthophonie c’était bien mais que oui j’avais un plan B et que au pire je ferai autre chose et que c’était pas grave (j’avais même les larmes aux yeux face au jury en parlant de choses personnelles qu’on n’a pas forcément envie de déballer le jour d’un oral).

Croyez en vous ! Le jour du concours, non vous ne répondrez pas à toutes les questions et vous ne saurez pas tout, mais vous en savez tellement qu’il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas ! Faites vous confiance et reposez vous ! Les concours c’est comme un marathon : n’arrivez pas épuisées dès le début du rush.

J’ai hâte de vous accueillir au concours et aussi l’année prochaine ! Bon courage à tous ! “