Témoignage de l’oral #3

” Quand les résultats d’admissibilité à l’oral sont tombés et que j’ai vu mon nom dans la liste, j’ai paniqué : je n’étais pas prête et n’avais que deux semaines pour l’être, autant dire mission impossible pour moi, parce que j’avais tendance à me laisser déstabiliser facilement (assez paradoxal pour une future ortho me direz-vous…).

Mais mes parents m’ont tout de suite prise en main, et pendant quinze jours ils m’ont posé 20 000 questions sur moi et l’orthophonie à table, dans la voiture, dès qu’ils pouvaient ! Mon pauvre petit frère, qui devait tellement être soûlé, a été mis à contribution et m’a fait répéter des séries de logatomes et de chiffres, parce que j’avais lu que ça pouvait tomber (je cherchais des infos un peu partout pour essayer de cerner ce qu’on pouvait attendre de moi). J’ai aussi reçu un milliard de conseils de la part de mes amis, mes profs, même de simples connaissances !

Et puis il a bien fallu y aller ! Je passais le matin, dans les 5 premiers candidats, ce qui m’allait très bien car je ne voulais pas passer une matinée à stresser. Quand je suis arrivée, j’ai découvert que beaucoup de filles se connaissaient et parlaient entre elles. Moi j’attendais mon tour toute seule, me décomposant un peu plus de minute en minute. Le stress montait et j’essayais de me raccrocher à n’importe quelle idée : que mes oraux de langue au bac s’étaient bien passés, qu’au pire je recommencerais l’année suivante… J’ai finalement été appelée par une dame très souriante, à qui j’ai tendu en tremblant ma carte d’identité. La première chose qu’on m’a dite : “Ah ! Une lilloise !”, ce qui a permis d’engager la conversation facilement et de me détendre un peu. La psychologue a d’abord mené les choses, me demandant mon âge, si j’étais mariée (ce devait être pour la forme, mais ça m’a fait sourire un peu plus), mes centres d’intérêt etc. L’orthophoniste voulait savoir ce qui m’avait amenée à l’orthophonie, comment je m’étais préparée au concours. C’est également elle qui a dirigé les exercices techniques : lire un petit texte, répéter des phrases, écrire des logatomes.

Je ne sais pas combien de temps ça a réellement duré, peut-être cinq minutes, peut-être vingt, j’avais complètement perdu la notion du temps mais je me sentais plutôt à l’aise face à ces deux dames très agréables. Après la délibération, j’ai rejoint ma mère qui m’attendait dehors, au soleil, et on est parties en virée shopping, il fallait bien me remettre de mes émotions ! Je me sentais toute légère grâce à l’adrénaline et surtout heureuse que ça soit terminé.

Deux autres semaines sont passées, pendant lesquelles j’étais occupée à réviser pour le bac donc l’attente ne m’a pas paru très longue. Et en rentrant de mon épreuve de philo, j’ai vu que les résultats étaient parus un peu en avance, et que mon nom était sur la liste principale ! Je me foutais du classement, tout ce que je voyais c’était mon nom. Autant dire qu’un hurlement et une petite larme m’ont échappé, avant que le téléphone ne se mette à vibrer sans arrêt (les nouvelles vont vite, comme on dit !)

Et me voilà à réviser pour les partiels du second semestre ! C’était impensable d’en arriver là quand j’ai commencé à travailler pour le concours, et pourtant… C’est assez bizarre d’être là à écrire ce témoignage, mais tout ce pâté peut peut-être servir à quelqu’un, pour lui dire que c’est possible, faut rien lâcher.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bon courage à tous, à bientôt à Lille ! (; “